MÉDIA BASKET 40

Autopsie d’une hégémonie

 

Après la belle finale féminine, venait la non-moins prometteuse finale masculine.
L’ESMS venait défier le double tenant du titre et avait de sérieux arguments à faire valoir…

Pourtant, je ne vous ferais pas le récit du match. Cela n’aurait aucun intérêt…
La raison est simple, de match il n’y a pas eu.

Malgré tout le respect que j’ai pour les joueurs, coachs, dirigeants et supporteurs de l’ESMS, il faut se rendre à l’évidence…..
Ils n’étaient pas invités au bal hier soir…….

Mais ce qui vaut pour eux est tout autant valable pour les autres. Le DGB n’a pas de rivaux quand il s’agit de jouer une finale.

L’intensité qu’ils sont capable mettre à un instant « T » est telle qu’elle emporte tout sur son passage.
Quand on voit la débauche d’énergie qu’il faut déployer pour un simple démarquage, souvent pour ne pas avoir la balle, la dureté pour tenir un écran, et surtout la répétition de ses efforts permanents, les joueurs adverses sont déjà dans le rouge au moment de déclencher le moindre shoot.
Quand je vois Matthieu Dabadie, joueur expérimenté et fiable sur la ligne de réparation, faire de tels écarts aux lancer-francs, cela n’arrive pas sans raison… Il est usé et marqué physiquement…

Pour qu’il y ait match, il aurait fallu que l’ESMS puisse emballer le rythme.
Ils n’ont pas d’équivalent dans les Landes en matière de jeu rapide et de transition.
Ils savent à merveille exploiter les largesses défensives adverses. Les Nico Gayon, Ruop ou Medenouvo sont autant d’armes précises dans ce secteur de jeu.
Malheureusement, le DGB ne les a pas laissé s’installer dans cette filière là et a imposé la sienne, sur 1/2 terrain.
Et ils ne font que peu d’erreurs défensives et leur repli est un modèle du genre.

Vous me direz qu’avec un peu plus d’adresse, cela aurait changer la donne. Bien sûr…
Mais pour être adroit, il faut des tirs ouverts. Et les Dacquois, là aussi, en laissent peu…
Et si par chance, un joueur est enfin démarqué, encore faut-il avoir les ressources physiques pour bien exécuter son geste, bien placer ses appuis…
Et c’est ce qui est le plus difficile à faire face à eux, garder suffisamment d’intensité pour être performant dès que l’ouverture se présente.

Rajouter à cela le fait que, si il faut une grosse débauche d’énergie pour exister offensivement, il faut la doubler pour contenir défensivement leur secteur offensif, et vous avez compris l’ampleur de la tâche.

Certes, HDC n’est pas passé loin en 1/2, l’EFCB aurait pu (aurait dû) l’emporter en 1/4… Mais ce n’était « que » des tours de Coupe…
Une fois qu’ils sont focus sur un objectif précis, il est très difficile de les stopper.

Loin de moi l’idée de penser qu’il sont inarrêtables, mais à mon sens, si ils devaient tomber, ce ne peut être que dans un tour précédent la finale.
Quand leur attention est aussi portée sur le championnat.
Pour jouer dans leur cour, il faudrait être capable de défendre aussi bien qu’eux, avec la même dureté.

Ces derniers temps, beaucoup se sont épanchés sur le fait qu’ils n’étaient pas sifflés comme les autres, que leur défense ultra-agressive bénéficiait de la complaisance du corps arbitral.
Force est de constaté qu’hier, ils ont été sanctionné.
Le duo Desquibes-Marbat a globalement pris ce qu’il avait à prendre, et laissé ce qui devait l’être.
Darrigand et Bourcier étaient chaud patate dès le début, mais on dû aller patienter tôt dans le match sur la banquette pour cause de fautes. Ramassamy idem.
Donc sur le match d’hier, cette excuse ne tient plus.

Autre point de détail qui n’en est pas un, 6 joueurs de l’UDG sont à 8 pts ou plus sur le match (et un joueur à 7), alors que côté ESMS, seul Gilbert à franchi cette barre (8pts).
Cela démontre aussi la qualité du banc du DGB.
Même le minot Benjamin Lifermann, transfuge occasionnel de l’ADB (licence AS), arrive à se fondre parfaitement dans la rotation.

Dans un article précédent, j’avais comparé cette équipe aux Beatles, tant leur domination est sans partage dans notre département.
Mais comme eux, ils connaitront un coup d’arrêt…
Bien malin pourrait prédire quand, mais gageons que la finale dans les arènes Dacquoises attire les convoitises, et ils seront nombreux à vouloir faire de Denis Mettay le « Louis XVI des temps modernes » et de Jean Lamaignère la « Marie-Antoinette de 2019″… 🙂

Un dernier mot sur une chose qui m’a paru aberrante, et je ne suis pas le seul.
Autant je peut être admiratif de la ferveur des supporteurs de l’ESMS, de l’engouement et de la passion qu’il mettent à supporter leurs joueurs. (j’ai connu les Fanatiks de Serres-Gaston, donc j’en connais un rayon question supporteurs)
Autant je ne peux concevoir qu’ils puissent siffler la remise du trophée. Les acteurs se sont respectés durant 40 mn, comment ne pas respecter celui qui en est sorti vainqueur.

PS: Montois de naissance, ça me fait un peu mal de devoir écrire un tel article sur des Dacquois, mais il faut bien rendre à César ce qui lui appartient…

One Comment

  1. LAFARGUE

    11 mai 2018 at 12 h 26 min

    Exellente analyse mais dommage pour les spectateurs qui attendent plutôt du basket offensif.

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