MÉDIA BASKET 40

Du Paradis à l’enfer… Et inversement…

 

Bôbôbô… Et dire que je n’aurais pas dû voir ce match.
A 20h15, bien calé dans le fauteuil de mon bureau, je comptais passer la soirée à la maison, a écouter Alain Dufau commenter le match Avignon – DGB.
A 20h25, éclair de lucidité ou intervention mystique, je dis à ma compagne: « Tu vas voir que si j’y vais pas, il va se passer un truc et je vais me les bouffer de pas y être aller… »
Me voilà donc 5mn plus tard dans ma voiture, direction de la Mecque.

En fait, je ne sais même pas par où commencer mon article tellement je suis passé par de nombreuses émotions différentes.
Je ne vous narrerais pas le match, Richard Marquet vous le fera certainement mieux que moi dans son article Sud-Ouest à venir.

En fait, je crois que le sentiment qui pré-domine en ce moment, c’est la déception… Oui, la déception… Étrange pour un type licencié à l’ASCH…
Mais j’aurais tellement voulu que ces minots soulèvent la Coupe……
Je ne vais pas vous raconter la messe, je ne les avais pas vu jouer avant ce final four. J’avais suivi de loin leur saison car il y a dans cette équipe des joueurs que l’on souhaitait contacter…

Malheureusement pour moi, ce soir, mes certitudes d’indécrottable Montois vacillent… Je suis devenu fan des jeunes Dacquois de l’ADB
Alors oui, on me taxera ringard romantique, qui s’émoustille à la première histoire de coupe et de petit poucet qui traîne… Mais bor**l, qu’est ce que j’ai kiffé les regarder jouer.
Un jeu simple, sans fioriture, efficace, direct… Une débauche d’énergie de tous les instants, une solidarité implacable…
Ce que Seb Junca a réussi à faire avec ces mômes force le respect.
Alors oui, il n’avait pas une équipe de peintre en bâtiment entre les mains, mais eux-même n’auraient certainement pas crû pouvoir en arriver là, si on leur avait posé la question il y’a 2 mois. Et encore moins atteindre ce niveau de jeu.
Maîtrise des fondamentaux offensifs (des jeux de pick & roll d’école) et abnégation défensive…. Avec ce postulat, ils ont failli renverser toutes les montagnes.
Et si lors de la 1/2 finale, ils avaient enrayé tactiquement l’attaque montoise par une vieille zone « 2-3 ». Pas hier soir…
La zone est restée au vestiaire, et les minots ont joué et surtout tenu les duels…
A commencer par Julien Gardesse…
Cherchez pas plus loin le futur grand poste 5 landais… Il est là… Et dire que 4 ans en arrière, il ne jouait même pas au basket… C’est dire la marge de progression du colosse…
Car oui, il est solide le type. Et il fallait ça pour s’envoyer de grandes parties de manivelles avec Badiane et Radencovic…
A mon grand regret, il ne rejoindra pas les Diables Rouges la saison prochaine puisqu’il a gentiment décliné notre projet (parce qu’en plus, il est bien élevé), mais j’espère que là ou il signera, on lui fera une place.
Ce gamin mérite d’être dans le roster à tous les matchs. SVP, foutez-me le sur terrain et aidez le à grandir et à mûrir… Pas dans les gradins ou en équipe 2.
Un qui est est déjà bien mature, c’est l’ainé des Dulouat, Julien.
Le Capitaine Dacquois a encore été de tous les bons coups. Une vision du jeu pareille et une telle qualité de passe, ça ne s’achète pas à la première superette du coin.
A l’heure où les célébrations à l’américaine sont « money » courantes sur nos terrains, lui a choisi la sobriété, mais n’en a pas oublié l’efficacité.
Il aura une nouvelle fois « caviardisé » Yohan Cambon et son frangin toute la soirée.
Parlons en du frangin, Sebastien… Je l’avais découvert en fin de saison dernière avec l’équipe 2, ou il avait échoué en match de barrage d’accession à la R3 face au Stade Montois 2. Il avait été insolent de réussite ce soir là.
Meilleur marqueur du match hier soir, il a une nouvelle fois fait étalage de son talent, bien caché derrière sa fausse nonchalance et son air de pas y toucher.

J’espère ne pas faire injure au reste de l’équipe en ne les citant pas, car ils ont été à l’unisson de leur 3 fers de lances…

Vous me direz que j’en fait des tonnes… Et après une courte réflexion, je vous répondrais que non…
C’est pour ce genre de match que l’on paye notre billet (bien que je n’ai pas payé le mien étant gentiment invité par le Comité). C’est pour ces émotions que l’on remplie les salles ou les arènes.
Les ADBistes prennent désormais place dans la grande lignée des perdants magnifiques.
Leur réveil sera certainement difficile demain, mais je souhaiterais juste leur dire merci… ça vaut ce que ça vaut, mais j’ai pris un pied comme rarement hier soir.

Après, pour faire un très bon match de basket, il faut être 2 (ou 20), et je n’ai pas encore parlé de l’ASCH.
Leur victoire était attendue, ils ont su faire respecter leur rang, ils ont soulevé la coupe… Youpi, bravo à eux… Blablabla…

En y regardant de plus près, ce n’est pas aussi simple que cela en fait. Demandez à Garonne ou au Stade Montois ce qu’ils en pensent…
Là où les autres nationaux s’étaient pris les pieds dans le tapis, eux ont su lever la jambe un peu plus haut pour ne pas trébucher.
Ce n’est jamais facile de jouer une équipe de niveau inférieur (surtout avec cette qualité), d’adapter son jeu à des gabarits bien différents que ceux croisés dans leur championnat domestique.
Ils auront eu le mérite de ne jamais s’affoler, de rester sûrs de leur force…
A l’instar de Dabadie, Radenkovic ou Monfort, MVP de la rencontre.
A ce sujet, un petit mot sur sa nomination au titre de MVP. Puisqu’il est d’usage de décerner ce prix à un membre de l’équipe gagnante (perso, je l’aurais bien filé à Julien Dulouat), ce n’est pas à lui que je l’aurais attribué du coup (j’espère qu’il ne m’en voudra pas… au pire, on règlera ça autour d’une bière 😉 )
Je l’aurais bien donné à « ce fameux système Touche »…
Il y avait certainement 2000 entraineurs dans les gradins qui auraient cornaqué les Horsarrois différemment sur ce match (c’est toujours comme ça…).
Mais que demande-t-on à un entraîneur? D’être efficient le moment venu et de permettre aux joueurs de gagner des matchs.
Et en matière d’efficience, le schéma sur la dernière touche côté est un modèle du genre.
A notre niveau, nous n’inventons pas grand chose et nous « pompons » souvent des schémas qui nous plaisent… Mais encore faut-il avoir la lucidité de les sortir dans un moment aussi critique, et être capable de se faire écouter.
Tous les entraineurs connaissent la difficulté de faire appliquer un schéma que l’on dessine dans l’urgence sur la plaquette, en moins d’une minute. Mais ces schémas là sont rarement effectués à la perfection. Là, tout y était.
Les leurres, les écrans bien posés, le timing des courses, le back-pick, la patience du passeur, la qualité de la passe, la mimine gauche en lay-back. Et l’oubli adverse de switcher…
Chapeau bas…

Si le perdant est magnifique, le gagnant l’est tout autant.

1 sec et 1 dixième, c’est le temps qui s’est écoulé entre le paradis et l’enfer pour l’ADB, entre l’enfer et le paradis pour l’ASCH…

Merci messieurs

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